Entretien  
n.m, Action d'échanger des paroles avec une ou plusieurs personnes.




L'homme de Baltimore
Que se soit dans "Homicide", série que l'un de ses romans a initié, "The Corner" qu'il a adapté lui-même ou "The Wire", double point de vue passionnant sur la police et les malfrats, David Simon tisse une œuvre cohérente dans laquelle sa ville de Baltimore tient un rôle unique. Interview avec un grand monsieur de l'écriture télé.
[The Wire saison 3]

Séries.etc : Pourriez-vous nous expliquer comment avez-vous débarqué dans le monde de l'écriture télé ?
David Simon : J'étais à la base journaliste pour le quotidien Baltimore Sun. Je couvrais les affaires criminelles. J'ai réussi à obtenir l'autorisation de suivre des unités de la Police de Baltimore. Ca a duré un an et j'en ai tiré un livre qui est sorti en 1991 (NDR : « Homicide : A year on the killing streets », Ivy Books). Après ça, le réalisateur Barry Levinson, qui est lui aussi originaire de Baltimore, a acheté les droits du livre pour développer une série télé. La série fût mise à l'antenne en 1993. La production m'a proposé d'écrire des histoires pour la série. C'est la première fois que j'écrivais quelque chose de fictif, tout ce que j'avais fait auparavant était du journalisme pur et dur. J'ai travaillé en partenariat avec David Mills qui venait lui aussi du journaliste puisqu'il travaillait pour le Washington Post (NDA : Il a créé depuis sa propre série « Kingpin »). On a écrit ensemble l'épisode qui met en scène Robin Williams. Il a été apprécié et à partir de là on m'a proposé d'autres scripts. Et voilà comment je suis rentré là-dedans…

Series.etc : En quoi votre expérience de crime reporter vous a-t-elle aidé à écrire dans une série policiére ?
DS : J'ai passé 13 ans à couvrir les affaires criminelles à Baltimore. Une énorme ville ouvrière de la côté Est où le chômage et la pauvreté sont bien présents avec tout ce que cela implique d'un point de vue social. En 13 ans, j'ai rencontré une foule de gens intéressants. "The Corner", mon livre et ma mini-série sont basés sur de vrais personnages. Quand j'ai écrit "Homicide", j'ai passé énormément de temps avec les policiers. Et pareil pour "The Wire" qui décrit la réalité de ce qui se passe dans les cités de West Baltimore. Toutes mes expériences en tant que journaliste reviennent bien évidemment dans mon écriture. La matière est énorme.

Serie.etc : vous parlez de The Wire comme d'un roman visuel ?
DS : La plupart des séries télé, même les meilleures, tentent d'avoir entre 16 et 24 épisodes par saison avec des histoires résolues. Même si vous avez une histoire qui court pendant plusieurs épisodes, vous pouvez être sûr que l'histoire principale est celle du jour et elle doit trouver une résolution dans l'heure. Ca a de désavantage de formater le discours. Notre chance est d'être diffusé sur HBO qui multi-diffuse nos épisodes cinq ou six fois par semaine. Ca nous permet d'être vu par nos fans quoi qu'il arrive. Ca tombe bien car dans notre série, chaque épisode est un chapitre d'une seule et même histoire. Je voulais avoir cette plage de 13 ou 14 épisodes pour raconter une seule et même histoire comme je l'aurai fait en écrivant un roman. C'est un fait plutôt nouveau à la télévision américaine. Nous ne demandons pas à nos téléspectateurs de venir de temps en temps, il faut suivre l'intégralité de l'histoire. Ca implique de l'attention et de nouvelles habitudes de visionnage. Certains en sont capables. D'autres non.

Serie-etc : "The Wire", comme "The Corner" ont été produites puis diffusées sur HBO, expliquez-nous un peu ce qui fait la force de ce diffuseur ?

DS : HBO est une anomalie dans l'industrie télévisée américaine. Sur les networks, on cherche à faire des séries qui vont faire les plus grosses parts de marché, environ 20%. Un succès à la télévision américaine est une affaire de chiffres. Ca n'a rien à voir avec la qualité de la narration. Les gens peuvent venir en masse parce que le show est de qualité mais aussi parce qu'il ont été attiré devant leur télévision à cette heure-là. HBO est différente. Les séries n'ont absolument pas à attirer le plus grand nombre de téléspectateurs. HBO a besoin que certaines personnes soient tellement attirées par une nouvelle série, son univers, ses thèmes qu'elles s'abonnent et paient vingt dollars par mois pour les suivre. HBO n'a pas de publicité, elle ne vit qu'avec des gens qui font l'effort de venir pour la qualité des programmes. Cinq millions se sont abonnés pour "The Wire", d'autres pour "Les Sopranos", "Carnivale" ou "Six Feet Under"… Le modèle économique d'HBO est sain dès lors qu'ils proposent des choses uniques. C'est pour cela qu'ils nous disent, à nous les créateurs, faites comme bon vous semble, faites votre télévision… Ca n'était jamais arrivé aux Etats-Unis que les auteurs aient carte blanche de cette manière. Et les shows d'HBO ressemblent comme jamais à leur auteurs. David Chase et "Les Sopranos" ou "Six Feet under" avec Alan Ball. Chez nous, nous avons désormais dans l'équipe des romanciers comme Richard Pryce ou George Pelicanos qui vont écrire pour nous lors de la troisième saison. Les écrivains sont de plus en plus attirés par l'écriture télévisuelle grâce à HBO.

Series-etc : Comment se compose votre système d'écriture sur The Wire ?

DS : Notre série appartient au genre crimeshow. C'est un genre qui s'appuie fortement sur le roman policier pour exister. Le challenge pour nous dans "The Wire" est de renouveler la façon de raconter des histoires que tout le monde a déjà traité. Des gens comme Pryce et Pelicanos sont là pour ça. Vous savez, c'est un peu comme le Western qui a été un genre majeur chez nous. Un véritable standard dans notre culture nors-américaine. Peu à peu, des réalisateurs comme Sergio Leone ou John Ford s'en sont servis afin de dire des choses beaucoup plus générales sur la société. C'est un peu ce que nous voulons faire. Lors de la première saison nous avons parlé du traffic de droque. Dans notre seconde saison, nous parlons de la mort lente de l'industrie portuaire de Baltimore, qui a été un grand port autrefois. A chaque début de saison, c'est de ces idées générales que nous partons. Nous appliquons à ce thème notre casting en nous demandant ce qui va se passer. Les scénaristes sont réunis avec nous et on commence à discuter, à crier et à s'engueuler pour savoir ce que nous voulons dire à propos de cette ville américaine. Nous le segmentons pour que cette histoire s'étale sur douze ou quatorze heures de télévision. Nous affinons un peu le contenu des chapitres comme nous les appelons tout en confrontant à cette division de l'hsitoire, les arcs narratifs de chaque personnage récurrent. Après nous discutons de ce qui peut être traité de manière réaliste et de ce qui doit être fictionnalisé. Ca dépend des affaires. Si ça s'est réellement passé à Baltimore, si on veut vraiment dépeindre la réalité. Mon partenaire Ed Burns a été policier pendant vingt ans à la brigade criminelle. Il est ce que nous appelons un « bulshit-meter », si quelque chose nous semble dur à faire passer dans une scène impliquant la Police, je l'appelle. Lui, il a forcément vêcu un cas similaire. Ensuite beaucoup de choses se font dans la discussion. Ici nous n'avons pas de gens du studio ou du network qui nous explique que le public doit être content. On se dit simplement : « quelle est la meilleure histoire à raconter au vu du contexte ». Après cela, chacun s'en va avec son épisode, on pense au casting à faire. On rend une première version, il y a des ajustements. Après ça, on envoie ça à l'équipe de production qui travaille sur le repérage des lieux dans Baltimore pour tourner au mieux les épisode quand arrive le moment de les produire.

Series-etc : Vous avez dit « on écrit sur ce que l'on connaît », vous pouvez développer ?
DS : Je pense qu'il y a des auteurs qui peuvent écrire sur ce qu'ils ne connaissent pas. Ils sont plus créatifs que moi. Et d'ailleurs c'est pas mal car autrement un genre comme la science-fiction n'existerait pas. Avoir été journaliste m'a pénalisé quand il a fallu que j'écrive quelque chose de fictif. Je ne pouvais pas me détacher des voix que j'avais entendu, des réflexions de flics quand je couvrais affaires criminelles et toute les scènes que j'avais encore en tête… Vous pouvez bien sûr vous inspirez de votre propre vie. Quand vous regardez "The Corner", vous suivez la vie de véritables personnes que j'ai pu rencontré quand j'étais journaliste. J'ai vu ces gens aux prises avec la drogue. Je les ai suivi un a durant. Après ça, j'ai écris une fiction dans laquelle j'ai pris leur point de vue pour parler de la drogue à Baltimore. Je n'aurais jamais écrit cette série si je ne les avait pas suivi des mois. Leurs points de vue étaient bien différents du mien. Il y avait tout simplement le parti-pris de la race. Ils sont tous afro-américains. Ce que je ne suis pas. Avant d'écrire avec leurs point de vue, j'ai dû travaillé longtemps. Il se peut que maintenant j'arrive à inventer plus facilement mais mes histoires restent intimement liées à Baltimore je ne veux pas faire d'impairs. La plupart des personnages de "The Wire" sont des gens qui existent. Certains se sont reconnus et sont s'en sont amusés. En général, je prête une énorme attention aux recherches. Je suis toujours impressionné par les auteurs à qui il suffit de lire un livre sur un sujet pour embrayer sur une histoire originale. Je n'ai pas ce type d'imagination.

Series-etc : La fiction ne vous a-t-elle pas donné les moyens de raconter des choses encore plus vraies que dans un documentaire et toutes les limites que ce genre impose ?
DS : journalistiquement parlant, je ne peux pas dire ça. La vérité reste la vérité. Mais, j'ai le sentiment que certaines fois les choix basiques que j'ai fait en tant que reporter m'ont emmené là où je ne voulais pas. Soyons réaliste, même quand vous enquêtez longuement, votre article n'est qu'un premier jet de l'histoire. Votre papier reste prisonnier du point de vue où vous l'avez écrit. Je crois beaucoup plus au journalisme qui débouche sur un livre et qui respecte mieux les gens que j'ai pu y décrire dans le sens où ça dépeint de façon plus réaliste les gens que j'ai pu côtoyer dans la rue. Dans un sens, les techniques dramatiques comme la télévision ou le théâtre apprennent eux-même à capturer la vérité. Il sont des moyens d'approcher une multitude de vérité. Shakespaeare, Tchekov ont ça. Et moi les trucs les plus réalistes que j'ai fait, c'est encore ce que j'ai raconté pour la télévision. Les épisodes d'"Homicide" étaient souvent comme des pièces de théâtre d'ailleurs. Tom Fontana et Jim Yoshimura sont des dramaturges. Quand j'ai commencé à écrire pour "Homicide", Jim m'a demandé de relire Tchekov. Il m'a dit que c'était de cela dont il était question. Et c'était vrai. En tant que journaliste j'avais essayé de comprendre comment Baltimore fonctionnait. Il me manquait une façon didactique d'expliquer les choses et de faire passer les messages. Si je devais donner deux conseils à des gens qui veulent faire ce que je fais c'est : Soyez crédible en faisant des recherches ça vous permet de garder une distance froide avec le sujet que vous traitez et lisez des histoires, des classiques, mais aussi des films des polars, des westerns, des films de samouraï… Vérifiez les recettes narratives…

Series-etc : Pouvez-vous expliciter le titre "The Wire"?

DS : En fait, ca a avoir avec le fond même de la série. Dans chacune des saisons, nous accompagnons dans un double point de vue, la police et sa cible quelle qu'elle soit. Nous voyons les événements de deux côté. C'est aussi comme ça que fonctionnait l'immense roman de Richard Pryce « Clockers », certainement le meilleur roman sur l'univers du crack et de la cocaïne dans les villes américaines des années 90. Il prend alors le pont de vue d'un policier et d'un petit dealer. Nous avons fiat la même chose. Dans chacune de nos investigations, à un moment où à un autre, il est fait allusion à la nécessité d'écouter les communications de la cible. Sans cela on avance pas. L'enquête et la résolution de celle-ci repose en majeure partie sur le dispositif électronique de surveillance qui va s'opérer. Là, ou ça se complique c'est que la mise sur écoute n'est pas un acte anodin. Même si depuis le Patriot act, suite au 11 septembe, le gouvernement a le droit d'écouter n'importe qui en justifiant de problème de terrorisme, dans The Wire, les policiers n'ont pas le droit à l'erreur et doivent donc agir avec précision. On suit en fait toute leur méthodologie de travail. Mais là-dessus, vient se greffer, d'un côté comme d'un autre, les ambitions de chacun, les rivalités qui finalement empêchent d'appliquer des plans de manière simples. On touche du doigt l'un des thèmes de la série qui est la déliquescence de la bureaucratie.

Series-etc : Justement, quelle a été la réaction à Baltimore de la part de la Police et des services de la ville décrits dans la série ?
DS : Le maire nous hait (rires). Le Maire de Baltimore n'est jamais vraiment content quand il est question de notre série. Je suis d'accord avec lui. Si j'étais le Maire, je n'aimerais pas cette série. Je pense qu'il est un bon maire et qu'il fait des bonnes choses pour la ville. Il a un job vraiment difficile et il ramasse ma critique sur la politique du gouvernement sur la question de la lutte à mener en matière drogue dans notre pays. Le fait est que la série se déroule à Baltimore mais notre constat s'applique au pays entier à des villes comme Boston ou Chicago. C'est un constat universel. C'est vrai que je suis très cynique par rapport la question de la drogue. Il faut dire qu'il y un tel gâchis d'argent, de vies, de potentialités… Je pense que la Police fait son boulot mais que la guerre contre la drogue est une entreprise gigantesque. Notre série parle de cela. Et les policiers regardent ! J'ai été surpris des réactions très positives que j'ai pu recueillir. Les policiers sont amusés par la façon dont leur désorganisation, l'éclectisme des effectifs est dépeint dans la série. Et dans l'univers des dealers, nous avons eu aussi de bons échos. On m'a fait savoir qu'à West Baltimore (cité dépeinte dans la série) on appréciait la série. Ce n'est pas une série d'Hollywood. Tous les auteurs sont d'ici ou de la côte Est. Washington, New Jersey. Il est clair que nous parlons de ce que nous connaissons et que nous ne sommes pas du tout dans un process classique de séries hollywoodiennes.

Series-etc : Pouvez-vous comparer "The Wire" et "Homicide" ?

DS : J'y ai appris beaucoup de choses. J'ai travaillé sur la série pendant quatre saisons. J'ai trouvé que c'était incroyablement bien fait. "Every mother's son" ou "Subway" sont des classiques de la télé US. On avait jamais vu des flics aussi humains à la télévision américaine. Il y a deux grosses différences entre "Homicide" et "The Wire". C'est le même genre et ça se déroule dans la même ville, simplement Homicide a une parenté plus évidente avec la nouvelle. Les personnages sont récurrents mais chaque épisode est une aventure. 22 épisodes avec des histoires qui vivent durant toute la saison mais avec des affaires résolues immédiatement. "The Wire", à cet égard, doit plus être traité comme un roman. Car il propose une seule histoire. "Homicide" est une série moins politique. On a parlé de problèmes comme le racisme mais de manière générale les intrigues vous donnait le bon point de vue, celui des policiers. Dans "The Wire" on a oublié tout cela pour parler des institutions en place et de leur dysfonctionnement. De la police, de la ville, du gouvernement local. "Homicide" est plus basé sur le concept de bien et de mal. Alors que "The Wire" est basé sur l'idée de : « pourquoi les choses sont comme elles sont et pourquoi ça ne marche pas ? ».

Series-etc : Avez-vous un modèle ?
DS : Tom Fontana reste la personne qui m'a amené à écrire en télévision. Que se soit dans sa manière de conduire une production ou de motiver les troupes, il est définitivement mon modèle. Un des mes autres modèles c'est le "NYPD Blue" de David Milch, un créateur de toute première importance, qui est d'ailleurs en train de préparer une série pour HBO, le western "Deadwood". Ces gens ont fait avancé la télévision. Je puise mon inspiration dans de nombreuses autres choses que la télévision. Je lis beaucoup, le moins de chose possible du même genre que mes scripts. Beaucoup d'ouvrages qui ne sont pas de la fiction. La presse est également une source d'inspiration.

Series-etc : N'avez-vous jamais pensé écrire quelque chose sur les rouages d'un grand quotidien américain, vous qui connaissez parfaitement cet univers ?
DS : J'ai eu l'idée de faire une série sur un quotidien. Le tout est de bien le faire. En même temps, j'étais un peu inquiet pour l'aspect comédie du projet. Tous les gens à qui j'en ai parlé m'ont dit ce n'est pas un drama, c'est une comédie. Et puis les shows sur la presse écrite n'ont jamais marché si l'on excepte "Lou Grant". Mes projets actuels sont la troisième saison de The Wire et l'adaptation en mini-série pour HBO d'un roman intitulé « Show me the hero » d'une journaliste du New-York Times. Une histoire d'incidents raciaux dans des cités de Newark.


Series.etc : Avez-vous l'impression que vos succès répétés et croissants dans l'industrie vous ont donné plus de pouvoir ?
DS : La seule que je peux faire maintenant, c'est décrocher des rendez-vous avec des décideurs des studios. Exposer mes idées. Les gens qui ont le pouvoir dans cette industrie sont les gens qui font de l'argent. J'ai prouvé avec "The Corner" et "The Wire" que j'étais capable de produire des séries qui enchantent la critique et qui ont mobilisé entre cinq et huit millions de téléspectateurs lors de leur diffusion. Mais je ne suis pas, j'aimerais bien, mais je sais que je ne le suis pas, un type qui va faire une série suivie par trente millions de téléspectateurs chaque semaine. Les gens qui ont le pouvoir, prenons par exemple, Dick Wolf ou Jerry Bruckheimer, j'aime ce qu'ils font , mais pour moi ils sont plus des business men que des créatifs. J'ai lu dans le New-York Times que Dick Wolf ne comprenait pas une série comme la mienne. Parce que sa structure « feuilletonante » ne convenait pas à des rediffusions répétées ! ! ! Or c'est bien là qu'est l'argent. Dans les reventes et les rediffusions à l'infini de vos œuvres. Je ne fais pas trop attention à cela. J'ai l'impression de gagner suffisamment bien ma vie. Je prends beaucoup de plaisir. Je ne serai jamais ce type de producteur. Entre le pouvoir et la liberté. Pas de doute à avoir. Je prends la liberté.

Propos recueillis par Eric Vérat

 
 
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