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Truc, machin, bidule qui se regarde avec un paquet de Dragibus sur les genoux. Gros plan sur les fictions que vous ne regardez peut être pas.

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| The Shield : bon, brute et truand |
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Cop-show musclé et tendu, "The Shield" passe pour l'une des séries les plus provocatrices -dans ses thèmes- et les plus libres -avec ses personnages- qu'Hollywood aie créé. Accord parental indispensable.
Si vous croyiez avoir tout vu en terme de possibilités extrêmes à la télévision avec les aventures éprouvantes des taulards de OZ ou les méthodes, un brin expéditives, de la famille Soprano, accrochez-vous bien car The Shield en remet une couche depuis cinq saisons désormais. Cette série met en scène une équipe de flics aux méthodes plus que « musclées » - et ce n'est rien de le dire !
Lancée en mars 2002 sur la modeste chaîne FX, surtout connue jusqu'alors pour ses rediffusions en boucle des produits (les « X-files », « Buffy » et autres « 24 ») du studio de sa maison-mère, la puissante News Corp, « The Shield » inaugure de façon tonitruante le concept de production maison pour FX (qui a d'ailleurs depuis enchaîné de belle façon avec des séries comme « Nip/tuck », « Rescue me » ou encore « Over There ». « Shawn Ryan », jeune producteur-créateur de 35 ans, ancien scénariste sur « Nash Bridges » et « Angel » n'a pas déçu les attentes de la chaîne câblée qui est devenue synonyme de séries gonflées. Ryan a apporté dans ses cartons un cop show sombre et touffu, brut de décoffrage qui revisite le genre tout en lorgnant du côté des références que sont « Homicide : Life on the street », « NYPD Blue », ou encore « Law and Order ». Signe qui ne trompe pas, comme dans ces rolls de la série de flics, les scénarios empruntent des chemins tortueux, en s'appuyant très souvent sur de véritables faits divers, rien d'extraordinaire mais des histoires solides, proches des gens avec des fins qui refusent le happy-end systématique. Mais là, où ses illustres devancières doivent y aller mollo, pour cause de diffusion sur les grands networks, « The Shield » continue son numéro en ne se refusant absolument rien. Extrême violence, nudité, langage cru, pas de tabous au niveau des thèmes, Shawn Ryan met en oeuvre absolument tout ce qu'il a en tête ! Pour faire passer tout cela à l'image, il s'appuie sur un casting assez rare avec des gueules particulièrement bien choisies. Le pompon va à Michael Chiklis alias Vic Mackey, énorme personnage ô combien équivoque, croisement réussi entre un pitbull et Monsieur Propre (sans la boucle d'oreille de pirate). Un personnage pour qui la fin justifie tous les moyens, un officier de Police dont la priorité est de protéger ses concitoyens quoiqu'il en coûte, un flic que ne désapprouverait pas notre cher Ministre de l'Intérieur, M.Sarkozy. Sauf que Mackey n'est pas qu'un flic efficace, il fait des heures sup', il est même carrément incontrôlable. Si quelqu'un refuse d'avouer quelque chose, on lui envoie Mackey, si quelqu'un a fait un truc moche et mérite plus que la prison, on lui envoie Mackey… Bref, le chauve au physique de running-back est omniprésent et éclabousse la série de son jeu musclé et nerveux. Mackey comme les meilleurs personnages du genre, les Andy Sipowicz, Franck Pembelton et autres Tony Soprano, joue sur un registre qui exclut tout manichéisme. un ripou au cœur tendre, un courageux qui agit pas intérêt. Pas de manichéisme donc. Au contraire puisqu'il ira jusqu'à tuer un flic mouchard chargé de découvrir la nature de ses trafics…C'est une ordure intégrale, mais en même temps, il nous attendrit avec ses gamins… mais ça c'est juste avant de tromper sa femme… Alors Héros incompris ou fantastique salaud ? Shawn Ryan ne se pose pas la question en ces termes. Il a un personnage principal ultime, qui n'hésite pas à tuer pour protéger ses intérêts.
 Au début, ce jusqu'au boutisme a paru bloquer la chaîne. L'Oscar de Denzel Washington pour « Training Day » dans le rôle d'un flic pourri a changé cet état de fait. Le vent était en train de tourner quant à l'utilisation de personnages ambigus dans les fictions US.
Ryan n'était pas ce qu'on appelle un showrunner, quelqu'un de capable de porter une série à lui tout seul. La chaîne ne l'aurait pas autant soutenu s'il ne s'était pas entouré d'un staff de scénaristes plus expérimentés, notamment Scott Brazil, multi-récompensé sur la mythique « Hill Street Blues », et qui depuis, a traîné ses sneakers sur les sets de « Party of five », « Buffy », « JAG » ou « CSI : Miami » en tant que réalisateur. James Manos jr, à qui l'on doit le script de l'épisode « College » des Sopranos, vainqueur de l'Emmy du meilleur scénario 1999. Dean White (« Chicago Hope » et « The District »). La réalisation –ô combien primordiale pour la suite- du pilote a été confié à Clark Johnson, ancien comédien – et metteur en scène occasionnel - sur « Homicide : life on the street », qui réalise ici un petit bijou. Tournée en extérieur, on suit l'équipe de Vic Mackey comme si on y était. Le montage est habile et euphorisant. La série montre un Los Angeles inédit. Celui des gangs mais plus généralement celui des communautés aux us et coutumes très fermés. On ne parle pas beaucoup anglais du côté de East L.A, plutôt le mauvais espagnol, le coréen ou le russe. Shawn Ryan joue la provoc' en disant : « Je parie que vous verrez plus d'hispaniques dans nos 13 premiers épisodes que vous n'en verrez dans tous les programmes de NBC cette saison ». Voilà, un des thèmes de cette série. Le vrai visage d'une ville où l'homme blanc n'est plus aux commandes. La série n'est pas tendre avec les minorités qu'elles accusent de se livrer aux trafics les plus sordides, à la prostitution, etc… Ryan, natif de la côté Est pose ici un regard candide et provocateur sur le multi-ethnisme Californien. Il livre certainement un document quasi ethnologique et sociologique à bien des égards. Les digressions chiantes en moins.
« The Shield » n'est pas unique à cause de ses lieux de tournages « exotiques », de ses insultes plus street que nature, de ses viols ou de ses flics plus ambigüs que jamais. Cette série est simplement peut-être la série la plus réaliste sur la question de la lutte contre le crime aujourd'hui au Etats-Unis (si l'on excepte l'impeccable « The Wire »). La production ne possède aucun consultant… Pas un hasard, on imagine. Ryan n'a pas besoin de la minutie des procédures -qui ne nous semblent pas moins bien traitées d'ailleurs- mais d'une énergie, d'une ambiance pour nous poser la question qui fâche : jusqu'où peuvent aller les gens qui sont censés vous protéger ? Une question plus que jamais d'actualité en France.
Site officiel de The Shield
Rappel d'une génèse Lancée le 12 mars 2002 sur FX, le pilote de The Shield a été vu par 4.8 millions de téléspectateurs. Une audience record pour un drama diffusé sur une chaîne basique du câble US (par opposition aux chaînes cryptées) . La série arrivait précédée d'une réputation sulfureuse. Le pilote utilise, il est vrai, un fait divers concernant une véritable unité de flics corrompus dans l'un des comtés de L.A. La série devient la coqueluche de la critique qui pousse le programme comme jamais. A l'issue d'une saison de 13 épisodes, un nombre d'épisodes qui densifie l'intrigue récurrente, la série amasse les nominations prestigieuses et les prix (notamment l'Emmy du meilleur acteur de drama pour Chiklis) . Une consolation pour FX qui a vu partir la moitié des annonceurs présents dans les breaks qui rythment la série durant la première saison. Trop violent, trop immoral, la série a gardé les faveurs de la chaîne grâce au soutien du public. Tant mieux pour nous ! Les deuxième et troisième saison, diffusée depuis le début d'année 2003 n'ont pas déçu les fans. Même rythme soutenu, même intensité dans le jeu nerveux de Chiklis et son team. L'arrivée de Glenn Close en patronne du commissariat dans la quatrième saison a changé la série. Plus cérébrale, plus centrée sur l'affrontement entre Vic McKey et une supérieure hiérarchique au moins aussi vacharde que lui. Forest Whitaker n'est pas mal non plus dans la cinquième saison… Si vous ne devez voir qu'une série violente et malgré tout passionnante en ce moment : c'est celle-là.
La gueule de l'emploi Comme James Gandolfini pour "Les Sopranos", George Clooney pour "Urgences" ou Tom Selleck pour "Magnum", Michael Chiklis a fait une bonne affaire en dégotant le rôle du brutal Vic Mackey, le flic pitbull de "The Shield". Juste avant ce rôle, l'acteur était un peu perdu. Dans les années 90, il triomphe avec "The Commish", une série où il incarne déjà un flic mais bedonnant et paternalistel… Après cette production, les propositions pour changer de registre ne se bousculent pas au portillon. Pire Chiklis accepte, contre nature, un rôle dans une sitcom ("Daddio"). Après l'échec de cette dernière, il décide de se prendre en main, il se rase la tête, prend des muscles tout en perdant 30 kilos ! Il pense même à s'écrire un rôle de flic dur… Coïncidence, sa femme est une copine d'enfance de celle de Shaw Ryan, un jeune producteur qui vient de proposer le script de "The Shield", baptisé à l'époque "Rampart", du nom du quartier où l'affaire avait explosée. Chez FX, on adore… le pitbull peut faire son entrée dans l'arène…
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