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La fiction télé est aussi un énorme business. Pour ceux qui auraient tendance à l'oublier. Rubrique économie.

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| La veillée d'armes |
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L'ensemble de la presse spécialisée américaine est unanime. Parti comme c'est, on va droit vers une grêve pure et dure au-delà du 31 octobre 2007. La WGA (Writer Guild Association) et ses 12000 adhérents d'un côté, l'AMPTP (Alliance of Motion Picture & Television Producers, soit l'ensemble des studios et des networks, de l'autre sont face à face dans ce qui pourrait être un remake de la guerre de 14, à savoir une boucherie. « Personne n'a intérêt à voir s'installer une grêve, crie sur tous les toits le méga-producteur Dick Wolf, la dernière en date celle de 1988 a laissé des marques indélébiles ». Et pourtant, on fonce bel et bien vers l'affrontement. Dernier accrochage en date, le refus de la WGA d'avancer la date des pourparlers. Les producteurs / diffuseurs semblaient croire que les auteurs étaient impatients de faire valoir leurs revendications. Peut-être pour mieux les étudier et les démonter ? Visiblement le board de la WGA a décidé de jouer la montre pour faire monter le suspens. Un truc de scénariste ça… En jeu, des centaines de millions de dollars que les auteurs réclament pour différentes raisons. La principale consiste en une clarification de la question des nouvelles plate-formes numériques. Le truc qui a eu du mal à passer lors de la précédente saison, c'est l'insolent succès du poscasting de certaines séries diffusées sur ABC (« Lost », « Desperate Housewives »). Des centaines de milliers de téléchargements avec à la clé pour les auteurs des dédommagements calculés sur l'antique accord basé sur les ventes de cassettes vidéos. La WGA a noté la chose et veut désormais rappeler l'anecdote au bon souvenir des gens de chez ABC et de chez Disney. Si la WGA, temporise, c'est peut-être comme certains spécialiste l'avancent pour essayer de voir quelles plate-formes va prendre le dessus sur les autres. Une information importante avant de négocier quoique ce soit avec qui que ce soit. Dans les mois qui arrivent chacun va n'avoir de cesse de crier sa bonne foi là où on voudra bien l'entendre. En attendant, l'arrivée d'une grêve, donc d'un arrêt quasi-total de la production de films de cinéma et de séries télé est prise très au sérieux. Bientôt, les studios vont devoir commencer à prendre des décisions cruciales concernant certains projets qui vont assez rapidement les emmener du côté de la date fatidique. En télévision, le summer hiatus (la coupure estivale), va certainement être très court, les studios vont certainement tenter de produire le maximum d'épisodes de leurs séries vedette avant un éventuel arrêt de travail. Le choix des nouvelles séries de 2007-2008 risque d'être assez « funky ». Les chaînes vont tenter de voir ce qu'elles peuvent faire en matière de télé-réalité, d'informations et d'émissions sportives. Ce qui n'est pas sans influencer la quasi-totalité de la chaîne de production. Il est clair qu'un bras de fer vient de s'engager et que celui qui tiendra jusqu'au bout pourra dire qu'il a gagné. Oui, mais à quel prix ?
Eric Vérat
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