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Truc, machin, bidule qui se regarde avec un paquet de Dragibus sur les genoux. Gros plan sur les fictions que vous ne regardez peut être pas.

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| Miami Vices |
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Nip/Tuck est une des séries les plus dérangeantes de la télé américaine. Que se soit dans ses thèmes ou dans la façon de les mettre en scène. Ryan Murphy, son créateur, appuie là où ça fait mal. Pas toujours très subtile, mais extrêmement corrosive, Nip/Tuck en dit beaucoup sur l'Amérique de George W.Bush (en particulier) et sur le genre humain (en général).
La chirurgie esthétique est devenu le cadeau numéro un des Allemandes ces derniers temps (devant les DVD !). Au Etats-Unis, on n'en est plus là puisque le business de l'apparence est l'un des plus prolifiques qui soit. Un magazine, genre « Modes et travaux », a été lancé à l'échelle nationale. Chaque numéro (tirage 600 000 exemplaires) propose des dossiers, des bancs d'essais, des fiches pratiques ( !), genre comment vous refaire les seins en sept minutes... Tout ça pour dire que Ryan Murphy n'a pas forcément un grand mérite d'avoir développé le thème de la chirurgie esthétique en série télévisée, il en a, en revanche, à coup sûr, pour avoir fait ça avec une férocité réjouissante. Sa série "Nip/Tuck" nous conte les (més)aventures d'un duo de chirurgiens esthétiques, basés dans un Miami étouffant et superficiel. Un duo dont les vies privées et professionnelles vont littéralement exploser au contact de la souffrance, de la méchanceté, de la détresse, de la bêtise du genre humain. Chaque épisode débute par le même cérémonial. Les Dr Troy et McNamara campés dans leurs fauteuils demandent à leur potentiel futur patient ce qu'il n'aime pas chez lui. La réponse n'est pas toujours simple. Les solutions (médicales ou non) le sont encore moins. La série, au-delà de son côté pochade anti-médecin ricain beau gosse roulant en Ferrari, cerne bien la déchéance psychologique dans laquelle notre société actuelle est tombée, menée par les dicktats de l'apparence. Mais "Nip/Tuck" ne s'arrête pas là. Comme toutes les bonnes fictions télé du moment, elle propose des personnages d'une ambiguïté redoutable. Ainsi Christian Troy, pas totalement salaud mais pas vraiment héros non plus, bellâtre de service et médecin sans scrupule va peu à peu acquérir un statut plus compliqué. Ça se gâte même carrément saison 3 quand la Police lui cherche des noises dans une effrayante affaire de violeur en série. A l'inverse, McNamara, le plus talentueux des deux (excepté en pose d'implants mammaires, domaine où son associé excelle), le plus responsable, va s'enfoncer dans une attitude pas très reluisante vis-à-vis de sa femme en pleine crise de la quarantaine et de son fils aîné, premier de la classe du malaise de vivre. Les scénaristes jouent avec les trajectoires flottantes de nos deux héros. La seconde saison en abuse d'ailleurs. Au point de mettre constamment d'enchâsser les faits et gestes de nos deux chirurgiens. Comme pour prouver qu'une histoire est toujours plus complexe qu'il n'y paraît. En relief ou en creux. Autre point spécifique de la seconde saison, la médecine n'est pas tout dans cette série. On voit même apparaître un thème bien plus important qui serait la psychanalyse. Entre les différents psy engagés dans la clinique pour soutenir ou traiter les patients, les thérapies suivie par les différents personnages (l'une des ex nymphomane de Troy, le sosie de Michael Jackson, les jumelles qui n'ont pas froid aux yeux, le trafiquant sud-américain qui souhaite changer de vie et de visage, etc..). Les thérapies mentales tiennent une place centrale dans la série. Le message de "Nip/tuck" est clair : la chirurgie esthétique n'est que poudre aux yeux. C'est notre âme qu'il faudrait reconstruire. Malgré toute la dureté de certaines histoires, le cynisme de certains épisodes peuplés des cas irrécupérables, "Nip/Tuck" est paradoxalement une série pétrie d'une certaine tendresse. Parcourue de personnages attachants, l'œuvre de Ryan Murphy souffre très vite d'un certain essoufflement. Heureusement, chaque épisode s'appuie sur une mise en image, très attrayante. Une sorte de chirurgie esthétique de la réalisation quand les histoires se font trop répétitives. Et puis, la société américaine est une fournisseuse de premier plan en matière de cas relevant des scénarios de "Nip/Tuck". Ce qui en soit n'est pas une très bonne nouvelle. Après une première saison extrêmement réussie, Murphy et ses boys ont clairement pêté les plombs. a donne quelques épisodes et des situations étonnament réussies mais aussi des moments un poil "too much" durant lesquels on se demande si l'on n'est pas en train de se faire liposucer le cerveau. Cela dit, pas de panique, ça reste toujours vingt-cinq fois mieux qu'un épisode de RIS.
Eric Vérat
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