Série  
Truc, machin, bidule qui se regarde avec un paquet de Dragibus sur les genoux. Gros plan sur les fictions que vous ne regardez peut être pas.




Veronica Mars 2 : Un cran au dessus


C'est pour nous la fiction la plus aboutie du moment avec quelques séries médicales ("Grey's...", "Dr House"). Conduite de l'intrigue, qualité des personnages principaux comme secondaires, utilisation du second degré, choix des thèmes, haut niveau artistique. "Veronica..." est tout simplement un cran au dessus.

Quand le site officiel de « Veronica Mars » affichait cette phrase de Joss Whedon (créateur de Buffy et Angel) : « Veronica Mars, la meilleure série de tous les temps », il n'était peut-être pas loin de la vérité. Certes, il manque quelques atouts (notamment appartenir à une catégorie un peu plus convenable que « High-school slasher ») à la création de Rob Thomas et Joel Silver pour prétendre réellement à ce titre que personnellement je garde pour Les Sopranos. Mais quand on voit de quelle main de maître cette « petite » série a réussi à se construire un univers propre et aussi marqué, on ne peut être qu'admiratif. Tenante de l'ultra-feuilletonnant (les fameux serialized shows, « Veronica… » comme « Lost », « Veronica Mars » se permet des choses insensées, en terme de relance d'intrigues et de coups de théâtre, avec une différence de taille : elle réussit à retomber sur ses pattes sans inventer de nouveaux mystères qui ne déboucheront pas sur de nouvelles interrogations insensées. « Veronica Mars » saison 2 comme sa devancière offre une intrigue bouclée pour livrer un divertissement de haut vol. Un signe : même quand les intrigues sont un peu faibles (milieu de saison), les choix artistiques (mise en scène, bande-son, design), ainsi que la formidable ambiance – atmosphère très lourde qui règne à Neptune malgré (ou à cause) le soleil de plomb- sont là pour rattraper le coup. Et pour être sombre, elle est sombre cette nouvelle saison (disparition de personnages principaux, allusions aux MST, au viol, à la drogue, à la pédophilie…). Pari supplémentaire de la part des auteurs qui misent désormais sur un véritable personnage de film noir. Certes, Veronica (toujours aussi bien incarnée par Kristen Bell) est la gentille, certes elle triomphe toujours à la fin mais que de péripéties pour en arriver là. La super-héroïne de la première saison a perdu son insouciance et approche dangereusement du gotha des personnages dont les grands choix consistent en la moins pire des deux solutions foireuses. Une situation que l'on retrouve habituellement sur le câble dans les séries de HBO ou de FX. Cette saison, les intrigues parallèles se sont multipliées (un peu trop peut-être) pour nous offrir un festival de rebondissements, de cliffhanger comme seul… Lost sait aujourd'hui en délivrer mais avec infiniment moins de tact. Artistiquement, rien ne fait peur à Rob Thomas le magicien, le gars ne se défend pas mal non plus quand il s'agit de faire passer des piques, des vannes ou des insultes. L'une des grandes forces de la série réside dans la puissance de son casting. Si c'était une équipe de basket, on dirait qu'elle a du banc. Les seconds-rôles qui entourent Veronica ont livré de grosses performances, notamment le duo Weevil-Logan. Les frères Casablancas (Dick et « Beaver » ne sont pas mal non plus. Le sheriff Lamb nous fait un grand numéro. Crétin de première, on ne sait plus trop quoi penser de lui quand il se décide à écouter enfin Veronica et son père. Les guest de Charisma Carpenter en belle-mère ex-Cheerleader nympho, et le maire (dérangeant Steve Gutemberg) et sa barge de fille viennent parachever l'édifice. Quel équipe ! Côté plume maintenant, pas besoin d'être expert en fiction télévisée pour voir qu'il y a de la passion dans tout ça, les scénaristes prennent un pied évident à nous torturer avec apparitions de personnages improbables, ces trahisons qui n'en peut-être pas sont pas, enfin pas vraiment. Les mensonges, les manigances, les coups de théâtre. Le bouquet final de ce feu d'artifice de 22 épisodes est des plus réussis, sans rien raconter, on peut dire que Rob Thomas nous adresse une vraie leçon d'écriture télévisuelle dans laquelle il sort des traditionnels marquages narratifs des séries de 52 minutes. Malin comme un singe, il se permet tout, délocaliser la série géographiquement ou dans le temps ou dans des mondes parallèles. Comme à l'issue de la saison passée, quand le boss est aux manettes, le rythme s'accélère et la fin se déroule dans une ambiance irrespirable où les mystères tombent comme des mouches (et comme les personnages d'ailleurs !).
Au final, "Veronica Mars" s'en va vers sa nouvelle vie à la fac sans nous dire au revoir. Normal, on la retrouve juste après dans le premier épisode de la troisième saison. Trop fort ce Rob. Alors « Veronica Mars : the best TV show ever ? » Pas le pire en tout cas.

Eric Vérat






 
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