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Truc, machin, bidule qui se regarde avec un paquet de Dragibus sur les genoux. Gros plan sur les fictions que vous ne regardez peut être pas.

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| Mars, Veronica Mars. |
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Dotée dès son pilote d'une ambiance et d'un style que bien peu de séries peuvent se targuer de posséder au bout de plusieurs saisons, "Veronica Mars" joue les grandes en adoptant la figure de production à la mode : le feuilletonnant à suspens. Un casting de premier ordre un producteur poids lourd et surtout une bonne histoire qui se boucle en fin de première saison : c'est Veronica Mars.
La meilleure série de 2005 n'est pas "Lost" ou "Desperate Housewives", et Dieu sait que, pour différentes raisons, on les apprécie ces deux-là ! Non, la meilleure série de l'année est emmenée par un petit bout de femme. Une "adulescente" au nez retroussé au look branché cool et à l'audace communicative. "Veronica Mars" commence comme un teen-show, avec quelques épisodes un poil mous du genou, avouons-le, pour finalement dévoiler les atours d'une grande série. Personnages complexes, casting racé, guest stars jouissifs, coups de théâtre millimètrés et réalisation haut de gamme. Normal, quand à la baguette de producteur, on trouve Joel Silver -l'homme qui produit les blockbusters par trilogie, (ça va plus vite), "Lethal Weapon", "Die Hard" et "Matrix"- on ne s'attend pas à voir débarquer un épisode de Santa-Barbara ! Veronica Mars surfe sur la vague des séries dites de « rendez-vous ». Grâce à plusieurs intrigues sous-jacentes très fortes, le meurtre de sa meilleure copine, la disparition de sa mère et le quasi-viol dont Veronica, elle-même, est victime lors de sa première expérience sexuelle, la série tisse un climat à la fois malsain mais aussi tendu avec une héroïne très forte, quasiment une super-héroïne, à qui rien (ou presque) ne peut arriver. "Veronica Mars" fonctionne à merveille parce qu'elle joue avec l'ingrédient à la mode : être une série au genre indéfinissable, jouer sur différents tableaux, avec une palette de genres efficaces. "Veronica Mars" mime donc avec bonheur les codes des séries de lycées (high-school show) pour mieux jouer avec les éléments du film noir et du thriller. Le PI, Private Investigator, figure archi-traitée dans les séries US bénéficie du côté de Neptune, ville des milliardaires à quelques encablures de San Diego, d'un traitement décomplexé, presque relu. Un peu comme l'avait fait "Magnum" dans les années 80. On peut être un détective privé et avoir des faiblesses, se tromper ( les moustaches et les chemises hawaïennes en moins). Veronica et son père mènent des enquêtes parfois ensemble, parfois séparément. Et bien sûr, au-delà de l'enquête du jour, chacun à son tour nous montre qu'il ne s'est pas résigné. Le meurtrier de Lily Kane doit tomber. La série utilise deux outils de narration, somme toute classiques, mais avec une efficacité avérée. La voix-off, distanciée, à la "Sex and the city" et des flash-back joliment réalisé et toujours signifiants. Rob Thomas, le créateur de la série prend un malin plaisir à brouiller les pistes en nous jetant dans les pattes, une dizaine de coupables potentiels. Des personnages bien sentis avec des trajectoires plutôt surprenantes. La série n'évite pas, comme toute fiction avec un rythme narratif aussi risqué, quelques épisodes un peu plus faibles (voir guide). L'ensemble reste d'une qualité très haut de gamme. Une bande-son indé efficace sortis des college chart (The Dandy Warhols, Spoon, Ivy, The Format) [www.veronicamarsmusic.com] vient soutenir une réalisation, présente mais pas trop, une mise en image colorée qui joue le jeu du mystère mais aussi de la sensualité sea sex and sun. "Veronica Mars" joue le jeu d'une écriture entièrement basée sur les ressorts de la surprise et du dérangement du spectateur. La première saison est relativement équilibrée avec un gros point fort pour les cinq derniers épisodes de la saison où le puzzle déconstruit par Rob Thomas en début de saison se met patiemment en place. Le "final" est un des meilleurs épisodes de conclusion de ces dernières saisons. Exit le teen-show, place au slasher avec poursuite, voiture qui tombe en rade dans les bois déserts et nocturnes. Et un tueur qui rôde... "Veronica Mars" est le type de série à laquelle on s'accroche grâce à un paquets de petits on-ne-sait-quoi. Et même si l'audience n'est toujours pas au rendez-vous (et ce, malgré des rediffusions estivales sur la chaîne n°1 CBS), la série est en train de bâtir son petit bout de notoriété grâce à des qualités artistiques patentes et au charisme d'un casting emmené par la pétillante Kirsten Bell qu'on aurait aimé avoir comme copine au bahut, pétillante et convaincante à souhait pas comme Stéphanie machin de la seconde E ! L'autre force côté comédien, ce sont les rôles dévolus aux adultes. Généralement, dans les teen series, les parents sont toujours parqués dans un périmètre assez convenu. Ici, les adultes, vivent, ils ont eu des liaisons, des blessures, ils cachent des mystères, de sombres desseins, marque de fabrique de la série toute entière. Que se soit Harry Hamlin, en acteur hollywoodien sur le retour, Kyle Secor, en Bill Gates sexy, la galerie de personnages fonctionne avec une rare efficacité. On ne vous parle même pas des arrivées de Charisma Carpenter en ex-Lakers girls nymphomane et Allyson Hannigan en fille à papa complétement barrée. Ce sont tous les petits détails qui viennent s'agréger autour du personnage réussi de Veronica et de sa bande de potes qui font de "Veronica Mars" une série différente. Celle qu'il faut regarder. Après cela, ne dites pas, qu'on ne vous a pas prévenu.
Eric Vérat
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