Tendances  
Tous les phénomènes qui agitent Hollywood.




Who's hot ?
Janvier 2006. Moitié de saison à Hollywood. Une bonne occasion de faire le point sur les talents, les concepts en vogue, les décideurs ou les sociétés. Méga-triomphe, succès d’estime, loi des séries (de revers ou de succès), idées prometteuses. Plongée au cœur du monde passionnant des créateurs de la fiction US.


Les rois du monde
Leurs audiences et leurs succès critiques leur donnent raison. Ils connaissent bien leur affaire. Talents à multiples facettes. Tout leur réussi. Ils sont au sommet du hollywood télé.

• Jerry Bruckheimer
Rendez-vous compte, il y a six ans, Jerry Bruckheimer n’avait jamais fait de télévision. Cette saison, il a eu 10 séries à l’antenne. Dix séries en parallèle. Plus que n’importe lequel des grands producteurs télé y compris le mythique Aaron Spelling dont le record était de huit. Dix séries dont quelques hits planétaires comme "CSI" ("Les Experts"), "Without a trace" ("FBI : Porté disparu"), "Cold Case" et une poignée de nouvelles venues comme "E-Ring" ou "Close to home". Jerry Bruckheimer applique sa méthode, celle qui a fait de lui le plus gros money-maker d’hollywood. Un solide –et répétitif ?- sens de la narration, du très gros visuel et un goût prononcé pour les formules efficaces poussées à leur paroxysme. Très bien entouré, Bruckheimer est décrit comme quelqu’un réclamant le contrôle sur chaque plan, chaque effet, chaque bande-son de ses séries. A l’écoute du public, client final de ses œuvres, il sait aussi évoluer. Témoin, Just Legal, la première comédie de Bruckheimer Television pour la chaîne WB. Une série qui a été annulé. Chassez le naturel…

• J.J Abrams
Pour le grand public, JJ.Abrams est tout d’abord le créateur du technodrama Alias, éventuellement celui de "Felicity". Pour les spécialistes, c’est un auteur complet et touche à tout capable d’écrire pour le cinéma ("Armaggedon") comme la télévision. De passer à la réalisation mais aussi de composer les génériques de ses séries. C’est saison, il a explosé avec "Lost", objet télévisuel malin, joujou de 50 millions de dollars avec lequel il divertit dans le sens le plus positif du terme. Réinventant la série-suspens, se réappropriant les codes du cliffhanger redevenu la figure à la mode chez les décideurs hollywoodiens ces derniers temps. J.J Abrams revient cette année, via Bad Robots sa structure de développement, sur les grilles de programmes des chaînes américaines avec deux nouvelles séries ("What about Brian ?" et "he Catch"). Le tout a été mené conjointement avec la fabrication du prochain opus ciné de "Mission : Impossible". Ca veut dire quoi réduction du temps de travail ?

• Shawn Ryan
A Hollywood, l’argent fait souvent figure de juge de paix. A ce petit jeu, cette saison, Shawn Ryan est le n°1. Priorité absolue du studio 20th Century FoxTV, il a rejoint, là-bas, des showrunners du calibre de David Kelley et Steven Bochco. Dans la foulée, FX a commandé une cinquième saison de "The Shield" dont les chiffres d’audience sont remontés en flèche depuis l’arrivée de Glenn Close dans le rôle ambigû du Capitaine Monica Rawling (puis la saison suivante avec Forest Whitaker). Une garce débarquée-là pour juguler les comportements limites de Vic McKey. Fan déclaré du scénariste-dramaturge David Mamet, Shawn Ryan ont développé ensemble "The Unit", une des séries les plus attendues de la saison. Mission réussie puisque la série qui suit les agissements d’une unité d’élite des forces spéciales et conjointement de leurs épouses restée au pays a été l'un des succès d'audience de la nouvelle année. Le sujet peut paraître un peu fade. On peut compter sur l’esprit frondeur de Ryan et les tortuosités narratives de Mamet pour faire de cette série quelque chose de différent (on devrait voir cela sur M6). Shawn Ryan travaille aussi sur une comédie politique "Power money fame sex", un titre qui en dit long à lui tout seul. Les responsables du studio Fox en sont certains, ils pensent que Shawn Ryan est l’un des maîtres de la télévision de demain. Ça tombe bien nous aussi.

• ABC, Steve McPherson et Llyod Braun
Il y a un an, ABC était au fond du trou. Largué dans la cruciale course à l’ audience, dédaigné par les publicitaires, quitté par ses grands noms, le network ne voyait pas trop ce qui pouvait le sauver. Steve McPherson, le nouveau responsable de la fiction a débarqué dans ce cimetière, il a eu le mérite de ne pas se décourager et d’aller de l’avant. Llyod Braun, son prédécesseur, débauché depuis par Yahoo ! avait eu le temps d’initier quelques projets au long cours qu’il n’aura jamais le temps de voir triompher. Car cette saison, ABC et Steve McPherson sont à la fête avec trois nouvelles séries ("Lost", "Desperate Housewives" et "Grey’s Anatomy"), intégrant directement le Top 10, ce qu’aucun network n’avait plus réalisé depuis une décennie. Au menu, des séries innovantes, polymorphes, agressives, graphiques, en phase, même en creux, avec l’actualité, et surtout qui n’oublient jamais de divertir. Crédo de Steve McPherson : il faut créer des rendez-vous que les gens ne manqueront sous aucun prétexte. La saison qui vient de s'écouler a été plus calme en succès, ABC n’est pas prêt de retourner au fond du trou.

• FX
FX est sans conteste la chaîne qui a le plus fait parlé d’elle ces dernières années. Après des débuts timides, elle a fait de "The Shield", son cop-show surexcité l’un des modèles de la nouvelle fiction américaine avec un style percutant, des personnages ambivalents et malmenés (un peu comme l’avait brillamment réussi Oz) et un fond qui sent le souffre. FX enfonce le clou avec Nip/tuck (la chirurgie esthétique à Miami), Rescue me (les affres d’un pompier post 9/11) et se taille de jolis succès événementiels comme avec la mini-série SmallPox, fiction catastrophe tournée à la manière d’un documentaire. La suite est pour le moins alléchante avec Over There, et ses marines en Irak, série signée du sophistiqué Steven Bochco mais aussi Thieft qui mettra en scène André Braugher dans un gang de braqueur de très haut niveau ou encore The Inside, inquiétante fiction sur le monde des serial-killers. FX est opportuniste et possède du répondant. Agressive sur le terrain des drama, elle entend désormais s’imposer dans la comédie à la poursuite de sa rivale HBO. Première salve cet été avec Starved et Sunny. Wait and see…

• David Chase
A Hollywood, le pouvoir, c’est de garder sa liberté. David Chase, vieux renard de la discipline (Deux cent dollars plus les frais, Northern Exposure) a prouvé qu’il possédait ce pouvoir quand il a décidé unilatéralement de mettre un terme à la saga de ses Soprano pourtant toujours au meilleur de leur forme cathodique. Oui, mais voilà, dans un article récent du New-Yorker, Chase ouvrait à nouveau une porte à la possibilité d’une septième saison. Comme quoi, HBO a encore la capacité de faire un énorme chèque pour garder la série la plus aboutie de ces dernières années (la meilleure de tous les temps ?) sur son antenne. Une autre saison ? possible. Une autre série ? Jamais. Comment faire mieux que les aventures de la clique du New-Jersey ? Et puis de toute façon, Chase, qui ne mâche jamais ses mots, reste l’un des seuls créateurs à clamer vouloir quitter le petit écran au profit du grand. Un voyage qui se fait plutôt en sens inverse ces derniers temps. Un projet excitant. Chiche ?

• Les networks
Les networks ont retenu la leçon. Raides K.O face aux chaînes du câble qui se sont mises, au tournant des années 2000, à produire des séries de qualités (The Shield, Nip/tuck , Sex and the city, Les Sopranos, Monk), les grandes chaînes nationales ont laissé les « petites » gagner des téléspectateurs pendant qu’elles se regardaient dans le blanc des yeux. La tentation de la real TV et ses productions peu coûteuses et quelques bons scandales liés à la déontologie journalistique ont fini d’achever la crédibilité des networks. Quelques grosses parts de marchés perdues plus tard, les networks se décident enfin à lâcher les chevaux. La Fox avec 24 puis avec House mais aussi ABC avec Lost et Desperate housewives ont visiblement trouvé la recette, celle de fictions qui surprennent et dérangent et tendent à l’addiction. (à la fin de cette saison, les networks cumulaient un inespéré 68% d’audience). Cette saison, avec Reunion ou Prison Break, Fathom, Inconceivable, E-ring, Invasion, The Evidence, The Unit , Pepper Denis… Les networks ont d’excellents arguments à faire valoir.

• Le cop-show
C’est le genre roi de la fiction télé avec la comédie. Mais contrairement à cette dernière, le cop-show (« la série de flic ») est dans une phase d’apogée. La mutation du langage télévisuel, l’apparition du câble et l’évolution des technologies visuelles ont permis aux séries policières de défricher de nouveaux champs d’expression. Des signes avant-coureurs sont apparus dans les années 80-90, (celles où les sitcoms dominaient encore le prime-time), sous la plume de Steven Bochco et son Hill street blues, lui-même (secrètement) inspiré par la saga des « 87st precint » d’Ed McBain. En 2006, les séries avec meurtres, enquêtes, mystères sont aux commandes. CSI/Les Experts, Desperate Housewives, Law and Order, The shield marquent les esprits et font de l’audience. Boomtown, The Wire et bientôt The Evidence proposent une relecture du format de 52 minutes. Une histoire se racontent dans le même nombre d’actes mais dans un ordre différent, avec une énergie qui renvoient les séries classiques dans les cordes. Finie les histoires aux intrigues rectilignes avec un méchant de service et un vague leurre. Le monde est multiple et compliqué. Plus fort encore, les Cops-shows se font le reflet (même si parfois difforme et simplifié) d’une certaine vision de notre société. La ménagère va devoir faire un choix : repasser son linge ou suivre l’intrigue haletante de ces nouveaux cop-shows. Dure la vie.

• Brian Grazer et Ron Howard (Imagine)
Même s’ils ne conçoivent pas directement de fictions TV, les associés d’Imagine font partie des acteurs incontournables du monde de la télévision. Leur capacité à dénicher des projets ne peut pas être mise en cause. Outre la production de l’éprouvante 24, ils sont également derrière Arrested Development, comédie atypique et délirante (à laquelle Ron Howard prête sa voix). Cette année, on les attend au tournant avec The Inside, sorte de version télé du Silence des agneaux pour FX. Grazer et Howard produiront également l’une des fictions les plus attendues de la saison : L’adaptation du Rapport officiel de la Commission d’Enquête sur les événements du 11 septembre. Ils sont E-nor-me !

Parmi ces gens très influents n’oublions pas de compter Marc Cherry, l’heureux papa de Desperate Housewives (future n°1 de la télé US, on parie ?), Dick Wolf, omnipotent patron de la franchise Law and Order (3 séries plus une quatrième annulée) qui saura digéré la perte de pression de la plupart de ses séries, Joel Surnow et Robert Cochran, les gardiens du temps réel avec 24, Bill Lawrence, concepteur de la très attachante Scrubs qui a été très actifs sur le front du développement sans qu’aucun de ses projets retiennent l’intérêt d’une chaîne. On peut citer aussi Gavin Polone (Gilmore Girl, Curb your enthusiasm), dont le Thieft sera l’un des événements de la rentrée sur FX. David Kohan et Max Mutchnik (Will and Grace, Good Morning Miami) restent une valeur sûre en matière de sitcom classique, cette saison, ils tenteront d’imposer deux projets à l’antenne : Twins et Four Kings.

Les outsiders
Certaines de leurs productions ont attiré l’œil sans casser la baraque de l’audience. Leur style, leurs idées, leurs convictions, leur talent les remettront sur le devant de la scène.

• Steve Sodderbergh (Section 8)
Steve Sodderbergh s’amuse. Réalisateur caméléon n’ayant plus rien à prouver dans la sphère cinéphile, Sodderbergh donne l’impression d’utiliser la télévision comme un laboratoire d’où il tire des fictions inclassables et subtiles. Utilisant ses trouvailles cinéma (les plans-séquences de Traffic, l’intervention de personnages réels, les caméras numériques) dans ses projets télé et inversement, Sodderbergh navigue à la frontière entre fiction et réalité, passionné par les changements de rythme et d’ambiance. "K.Street" radiographiait les arcanes du Washington de la politique et des lobbies, tandis que, dernièrement –l’injustement ignorée – "Unscripted", série faussement hybride (on en reparlera) nous proposait une troublante plongée dans le Hollywood de la télé justement. Un sujet sensible traité avec justesse et classe. Du Steve Sodderbergh tout craché.

• Joel Silver/Rob Thomas
Un joli tandem. Forcément quand votre producteur exécutif est celui des Pièges de Crystal, des Armes Fatales, des Predator, des Matrix mais aussi de quelques ovnis télévisuels (Action, Les contes de la Crypte) vous vous sentez bien épaulé. Le résultat c’est Veronica Mars, série épatante qui ne dit pas son genre. Jolie graphiquement, furieusement bien illustrée musicalement, un poil irrévérencieuse, malmenant les codes de l’adolescence et des fictions du genre high-school movies, avec capitaine de l’équipe de foot et pom-pom girl silicônée, la création de Rob Thomas est un petit bijou de noirceur. Porté par le charisme de Kristen Bell mais aussi de quelques seconds rôles savoureux (Larry Hamlin, Kyle Secor), on espère voir cette série prochainement sur les écrans français. Quant au tandem, Silver/Thomas on va forcément entendre à nouveau parler d’eux, pas de doute là-dessus.

• David Simon
Auteur atypique dans l’univers formaté de la télévision, David Simon continue la construction d’un univers très cohérent basé sur le réalisme des situations décrites, le point de vue de l’histoire, le message à faire passer. Auteur débutant (en télévision) sur Homicide : Life on the street du tandem Levinson-Fontana dont l’un de ses romans a initié, Auteur confirmé devenu patron sur la sublime The Corner, il touche du doigt l’excellence avec The Wire, une série qui, sans faire parler d’elle (succès mitigée sur HBO) recèle tous les ingrédients de la série singulière qui marquera de son empreinte l’histoire de la fiction. David Simon ne fait pas partie du milieu « hollywoodien ». Exilé à Baltimore, où la totalité de son univers prend vie, il n’a rien d’autre à proposer que son habilité et sa minutie à raconter des histoires qui flirtent avec le fait divers et parlent de l’Amérique d’aujourd’hui comme rarement en fiction. Ça ne fera jamais un carton comme "24h Chrono" ou "CSI" / "Les Experts", mais c’est bon comme un vieux polar des familles. Et c’est déjà beaucoup.

• Steven Bochco
Steven Bochco a été la star des années 80. L’auteur par qui la révolution est arrivée. Son Hill Street Blues, beau et désespéré annonçait plus de vingt ans de fiction à venir avec castings à visages multiples et intrigues modulaires. Bochco a réussi ou échoué dans de nombreuses choses. Murder One, impeccable regard sur la loi est un modèle du genre, peut-être l’une des séries les plus abouties de l’histoire dans la contrôle de ses personnages. Par la suite, Bochco a été moins inspiré "Total Secutity", "City of angels" ne sont pas dignes de son extraordinaire talent. "Blind justice", courageuse tentative de combler le départ de "NYPD Blue" / "New-York Police Blues" est déjà carrément mieux. Bochco a une nouvelle chance de briller. Après avoir échoué dans la création de "Marriage", série concept pour HBO sur un couple qui fait le point dans sa chambre et uniquement là (quel concept !). Cette fois-ci, c’est le tour de FX de développer quelque chose avec le maestro. "Over There" suit avec efficacité conjointement le quotidien d’un bataillon de Marines stationné en Irak et leurs familles aux Etats-Unis. Un joli concept. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule. Bochco a été appelé au chevet d’une des séries gagnante de la saison "Commander-in-Chief" avec Geena David en Présidente des Etats-Unis (décevante en audience depuis). Il n'empêche, le renard argenté est de toutes les rumeurs de développement... Steve is back !

• HBO
Une fois n’est pas coutume, nous n’allons pas encenser HBO. Ultra-créatrice dans à la fin des années 90 avec une brochette de séries excitées et frondeuses (Oz, Sex and the city, Les Sopranos…), Home Box Office, la mère de toutes les chaînes payantes au monde et ses 40 millions d’abonnés s’est prise en pleine tête la réussite insolente de ses concurrentes FX, Showtime, USA Network. Certes, HBO possède encore une grille à faire pâlir d’envie n’importe quel directeur de la fiction. Mais avec la fin programmée de The Sopranos, Six Feet Under, les annulations de Carnivale et Unscripted et les succès confidentiels de Entourage, The Wire), il ne lui reste plus que Deadwood et Curb your enthusiasm pour tenir la baraque. C’est mince. Conséquences, la chaîne a dû se remettre en cause et lancer prestement la fabrication de fictions s’orientant notamment vers la comédie, marché actuellement déficitaire aux USA. HBO va-t-elle rebondir ? Début de réponse avec la nouvelle série de Lisa Kudrow (la Phoebe de Friends) dans le rôle d’une actrice sur le retour. Une fiction évocatrice au titre pour la chaîne tout entière : The Comeback. Hélas, la mayo n’a pas bien pris. Mais HBO a de la ressource.

Dans cette catégorie peut figurer aussi Larry David toujours aux commandes de son OVNI Curb your enthusiasm / Le nombril de Larry, Alan Ball (Six feet under / Six pieds sous terre), pour à peu près les mêmes raisons que David Chase.

Les dinosaures
Ils ne font pas spécialement parler d’eux dans l’actu mais chacune de leur nouvelle production est surveillée car ils sont des money-makers, des membres de la A-List que l’on ne doit jamais oublier dans l’industrie. Ils peuvent revenir au top, comme ça, sur une simple idée.


• David E.Kelley
Il y a dix ans, il était l’homme qui ne ratait rien. Chacune de ses séries était un carton assuré. Petit bijou ciselé pouvant prendre des allures de screwball comedy ("Ally McBeal") comme d’un bon courtroom drama noir et glacé ("The Practice"). Bien sûr, personne n’est parfait. David E.Kelley, après avoir enfilé les succès comme d’autres les perles ("Picket Fences", "Ally McBeal", "The Practice", c’est lui) connaît désormais une relative pause. Certes, sa dernière série à l’antenne "Boston Legal" reste de bonne facture et n’est pas apprécié à sa juste valeur, mais le style Kelley, fait de réfléxions torturées sur la vie, de cas éthiques démêlés en public, dans une cour de Justice de préférence, a fait son temps. Cette année, un de ses projets était en lice mais n’a pas été choisi par les networks. "Comet of Halley", racontait le quotidien d’une jeune étudiante en médecine rescapée d’une longue maladie. En revanche, NBC, a programmé "The Firm", série de télé-réalité plaçant de véritables avocats sous les caméras du prime-time dans des cas imaginés par le créateur d’ "Ally McBeal". Nouveau plantage. Un choix qui laisse perplexe quant à la marge de manœuvre actuelle de l’enfant prodige du prime-time des années 90. La chronique douce-amère n’est plus en odeur de sainteté à Hollywood pour l’instant. Une affaire de cycle. Le talent de David E.Kelley, lui, est éternel.

• John Wells
Infatigable producteur de séries, John Wells est doté d’une énergie peu commune. Certes, il vient de perdre sa série "Third Watch" mais il reste toujours Producteur exécutif d’ "ER" / "Urgences" et comble les quelques heures de libre qui lui restent dans la journée en supervisant, "A la maison-Blanche" / "The West Wing", série, plus subversive qu’il n’y paraît, dont il est désormais seul aux commandes suite au départ d’Aaron Sorkin. Entre-temps, Welles a connu quelques ratées, ces dernières saisons. Toujours sur la brêche, il a échoué la saison passée avec "Jonny Zero", sorte de "Un flic dans la mafia" glamourisé. Mauvaise idée. Ce revers intervenait après l’annulation de "Citizen Baines" et "Presidio Med". Acceptant les règles du jeu de l’entertainment hollywoodien et son fonctionnement à haut-risque, Wells enchaîne les projets avec passion et voracité. "The evidence" son nouveau show de midseason 2006 se présentait comme une série rusée qui propose au téléspectateur de mener l’enquête… Très artificielle, "The evidence" nous prouve que la forme ne peut pas tout faire. Le coeur du business reste la capacité à créer les meilleurs personnages qui soient. A ce jeu-là, on n'est pas très inquiet pour John Wells. Il sait faire.

• Tom Fontana
Tom Fontana restera à tout jamais le créateur omnipotent de "Oz", la série qui a changé la face de la télévision. Ecrite quasiment d’une seule main, exacerbée par les tiques géniaux de mise en scène de son créateur (la narration, la boîte…), "Oz", s’apprécie d’autant plus avec le recul. Ella apparaît comme un objet de réflexion. Objet ouvert aux plus profondes exégèses sur le monde carcéral mais aussi le fonctionnement de notre civilisation moderne faite elle-aussi d’acier et de verre. Liberté, attitude de l’homme et de la société toute entière. Tom Fontana a toujours su parler de sujets forts en confrontant les destins aux institutions. En plaçant des individus dans des contextes extrêmes qui révèlent la vraie humanité. De "St Elsewhere" en passant par "Homicide" mais aussi l’injustement annulée "The Jury", Tom Fontana continue son bonhomme de chemin. L’un de ses nouveaux projets a été mis à l'antenne début 2006 : "The Bedford Diaries". Encore une histoire d’institution avec l'Université et un personnage fort, en la personne de Matthew Modine, professeur-gourou aux méthodes qui ne laissent pas indifférent. Exactement comme Tom Fontana.


• Stephen J.Cannell
Il avait juré qu’il ne reviendrait pas. En même temps, ce n’est pas bien de jurer. Stephen J.Cannell, l’homme à la machine à écrire qui ne s'arrête jamais avait quitté la bataille, il y a près d’une décennie de cela. Vétéran à qui l’on doit un train d’œuvres aussi hétéroclites qu’imprévisibles, témoin du morcellement de l’audience et de la frilosité de ce monde à fabriquer de la fiction, Cannell est parti là où il ne compte que sur lui-même. Transformé en auteur de polar à succès, moins subtil qu’un Connelly, moins stylé qu’un Ellroy, Cannell a su convaincre le grand écran d’adapter ses histoires efficaces, des romans jamais très loin de la matrice qui lui a permis d’écrire près de 800 heures de fictions dans sa vie. Et puis miracle, en pleine saison de développement, le nom du nabab des séries réapparaît. Convaincu que les networks ne sont plus le lieu où un auteur peut s’épanouir, Cannell travaille en ce moment pour le câble (TNT). Mais attention, c’est bien le producteur de "Profit" que l’on attend. Pas celui du "Rebelle". A voir donc.

N’oublions pas Donald Bellisario ("Magnum", "Code Quantum", "JAG", "NCIS"), et sa facilité à sculpter des personnages forts et popu, synonymes de succès dans le paysage ultra concurrentiel américain, du duo Edward Zick et Marshall Herkowitz, dont la subtilité d’écriture ("Angela, 15 ans", "Relativity", "Once and Again") n’est plus en odeur de sainteté dans un prime-time où l’on préfère des choses aussi efficaces qu’artificielles mais leur vaudra de nouveaux succès à coup sûr. Ainsi que Judd Apatow ("The Larry Sanders show", "Freak and Geeks", "Undeclared"), peut-être l’une des meilleures plumes comiques actuelles toujours à la recherche d’un succès public.

 
Jeff Goldblum dans CI
L'acteur Jeff Goldblum va arriver comme personnage régulier dans la série "Law and Order : Criminal Intent". La série entamera sa huitième saison à la rentrée sur l'antenne de USA Network, l'une des plus grosses chaînes du câble US. Une preuve de plus que la frontière entre network et autres chaînes est en train de s'estomper.
le 27 Juin 2008 à 09h35

ABC dévoile une rentrée courte
Deux nouveautés pour la rentrée mais près de 17 pilotes dans les cartons. Le network le plus inventif des années 2000 n'a pas dit son dernier mot.
le 13 Mai 2008 à 20h28

CBS annonce sa grille 2008-2009
Deux comédies et quatre dramas pour ce qui pourrait un des plus modeste lancement de saison depuis la création de la télévision US.
le 13 Mai 2008 à 20h20

Le nirvana
"30 Rock", "Mad Men" et "Dexter" ont été toutes trois récompensées d'un Peabody award, soit le plus prestigieux des trophées de la télévision et des médias électroniques US.
le 02 Avril 2008 à 23h01