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Sans eux, il n'y aurait pas de séries télé, il n'y aurait pas de sites sur les séries télé et il n'y aurait pas de nous.

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| David Simon : un auteur qui a des choses à dire |
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"Quand l'histoire de la fiction télé sera écrite, bien peu de séries pourront rivaliser avec « The Wire », une œuvre avec tant de complexité et de profondeur que seule une minorité peut en concevoir l'extrême qualité" . C'est Brian Lowry, éditorialiste en Chef de l'hebdomadaire "Variety", l'une des plumes les plus acérées de la presse US qui nous explique la valeur de David Simon.
David Simon est un personnage atypique dans l'univers de la fiction télévisée américaine. Et aujourd'hui plus encore quand on sait que les grandes séries en terme d'audience et d'écho médiatique sont des « grands huit » comme « CSI », « Lost » ou « Desperate Housewives ». Journaliste respecté, écrivain reconnu, scénariste primé, David Simon a construit en une quinzaine d'année une œuvre unique marquée du sceau du sens. Elevé à l'école de Tom Fontana (« St Elsewhere », « Homicide » ; « Oz », « The Jury »), David Simon conçoit la télévision comme un médium qui a des choses à dire. Une rareté.
Où tout a commencé… Dans les années 90, la télévision a produit quelques-uns des programmes de télé les plus marquants de son histoire. Parmi, eux, un cop-show appelé « Homicide : Life on the street ». Une série développée par Tom Fontana et Barry Levinson (« OZ », « The Jury »). Filmée comme jamais auparavant à l'aide d'une caméra épaule tremblante de vérité, d'un montage dérangeant rythmé par d'impressionnants jump-cuts, écrite en résonance avec le théâtre de Tchekov et les faits divers les plus sordides de l'Amérique de la rue. La série met en scène une bande de flics, pas vraiment beaux, pas vraiment intelligents. Des flics qui font leur travail et sont confrontés au vrai visage de l'Amérique et son lot de crimes. La série est basée sur l'enquête fouillée (« Homicide : A year in the killing streets ») d'un crime reporter du Baltimore Sun, un certain David Simon. Rompu aux affaires criminelles depuis une douzaine d'années, Simon décide de passer un an avec des policiers de sa ville. Pour mieux comprendre leur travail et pour mieux comprendre le sien (Chroniqueur des affaires criminelles). Son récit, marqué du sceau de l'investigation rigoureuse, devient un best-seller, regard sans concession sur Baltimore, l'Amérique, le combat contre la drogue, les gangs ainsi que les dysfonctionnements du système éducatif. Simon dresse le bilan d'une Amérique méconnue (notamment dans les autres fictions qui évitent de regarder les choses en face). Quand Tom Fontana commence à concevoir « Homicide », la série, il demande tout naturellement à David Simon d'écrire des histoires. Ainsi commence la carrière de David Simon à la télévision. Un lent et patient apprentissage en compagnie d'un groupe de scénaristes talentueux composé de Tom Fontana (« St Elsewhere », « Oz »), James Yoshimura, Henri Bromell ou encore David Mills.
De ses propres ailes Une fois la série « Homicide » terminée, David Simon poursuit son envie de radiographie de l'Amérique avec The Corner, mini-série époustouflante sur le monde de la drogue (toujours adapté de l'un de ses romans-enquêtes). « The Corner » fait apparaître les mêmes obsessions, la même volonté de dénoncer et de pointer du doigt les choses défaillantes du système. Des drogués et des homeless. Une peinture au vitriol de l'Amérique de Clinton. Simon profite du grand succès d'estime que lui procure la série pour proposer à HBO, laboratoire de la télévision de l'époque, « The Wire », fresque passionnante à la trame complexe. Aidé de son partenaire Edward Burns (ancien flic de la criminelle de Baltimore), Simon met en image toutes les affaires ayant secoué la capitale du Maryland au point de déchaîner les passions localement. Il tente encore une fois de témoigner de ce que le pays vit. Lourdeurs de l'administration, guerre des différentes polices, problème culturel de la drogue, inadaptation du système éducatif. « The Wire » est la suite et la conclusion à cette trilogie de l'enfer commencé avec « Homicide » et « The Corner ». Elle adopte un passionnant double-point de vue nous mettant dans la peau des policiers et des malfrats comme pour mieux nous prouver que le manichéisme n'existe pas. Chaque saison (composée de13 épisodes) constitue une seule et même affaire. Un épisode est l'équivalent d'un chapitre en littérature et ne se lit pas sans les autres. Loin des modes hollywoodiennes, des formats préréglés, Simon travaille patiemment à un discours cohérent sur son pays. Sa prochaine série pourrait parler des rouages d'un grand quotidien ou d'un centre social. L'Amérique en prendra de toute façon pour son grade. David Simon est unique parce qu'il a une sensibilité rare. Parce qu'il envisage la fiction télé comme un média politique et militant. Depuis son Maryland natal, loin des modes hollywoodiennes, en accueillant des pointures du polar de la trempe de George Pelecanos, Richard Pryce ou encore Denis Lehane dans son staff d'auteurs, il n'a pas eu peur d'aller chercher des gens qui n'avaient jamais fait de télévision. Normal, lui-même n'en fait pas vraiment après tout.
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