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Les séries décryptées et envisagée sous un aspect singulier.

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| Family business |
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Qu'ils soient flics, privés, médecins, cadres Sup ou parrains de la Mafia. Les héros de la fiction américaine appartiennent, sauf à de très rares exceptions, à la famille des héros avec un grand H. Une question de contexte socio-culturel et de sens de la narration.
Dans l'histoire de la fiction américaine, plus que dans toute autre, le héros – à savoir le «personnage» – de série télévisée a quasiment toujours été traité en héros – à savoir un être au destin hors du commun. Une situation d'où naissent les cas les plus intéressants à narrer. Une évidence vu du côté d'Hollywood où cette vision des choses est en ordre de marche depuis une bonne soixantaine d'années. Soixante ans, une longévité propice à l'éclosion d'une foule de familles de héros plus ou moins homogène en fonction des modes et des contextes dans lesquels écrivent les auteurs US. Ce qu'il faut savoir c'est que le statut de «héros» sous la première acceptation du terme comme sous la seconde (voir plus haut) d'ailleurs dépend de nombreux facteurs endogènes à l'industrie télé. (La figure du super-héros par exemple – Smallville, Heroes, Buffy n'a jamais été aussi uilisé que depuis la démocratisation des effets spéciaux. De même, l'apparition de héros ambivalents (The Soprano, The Shield) coîncident avec la montée en puissance des nouvelles chaînes du câble qui devaient trouver une identité). Le héros (tout comme son créateur), est également sensible au contexte socio-culturel qui l'entoure (les années Reagan voient apparaître des justiciers (Supercopter) mais aussi des personnages dépassés par le monde qui les entoure (Hill street blues) . L'Amérique, contrée de tous les excès – son patriotisme ou sa ferveur religieuse par exemple - et de tous les paradoxes est le terrain idéal pour produire à la chaîne du héros. La réactivité des auteurs est également indissociable du contexte américain. La période de la Guerre froide et sa paranoïa en est un exemple parfait (Les Envahisseurs). Quand la télévision produit ses premières oeuvres du côté de Manhattan dans les années 40, elle se tourne tout logiquement vers les héros du répertoire théatral. Mais la télévision a besoin de se démarquer. Elle doit être spéctaculaire pour échapper aux tentacules de la radio (média n°1 de l'époque). Les premiers héros de la télévision sont hors norme. De la famille des super-héros. David Crockett (qui se bat avec des ours !) ou Superman peuplent rapidement le petit écran avec la mission de faire rêver en priorité absolue. Le héros positif (qui a de bonnes raisons et qui gagne tout le temps) occupe les écrans jusqu'aux années 80, essentiellement à travers les westerns et les cop-shows. La révolution de Quality TV en pleine années Reagan permettent à une génération de nouveau héros, les héros fragiles, de faire surface que ce soient les membres d'un commissarait (Hill street blues), un troublant agent du FBI (Twin Peaks), les soldats de China Beach. On ressent dans ces personnages centraux d'intrigues (où le héros seul est laissé de coté au profit d'un ensemble cast) , ces héros désabusés ou perdus, une profonde empathie. On ne rêve pas forcément d'être à leur place mais leur problèmes (ceux du pays sous Reagan) touchent le public. L'anti-héros. Le seul, le vrai l'unique. A ce qu'on sache c'est Jim Profit. Aucun autre personnage central de série – annulée prématurément d'ailleurs – n'avait développé aussi peu d'empathie avec le public (un héros bien plus subversif que celui de Dexter par exemple). Ce qui ne veut pas dire que la série était ratée mais le diagnostic était sans appel : les séries ont besoin de héros. Au statut de Jim Profit, on doit opposer celui de Tony Sopranos. Un non-héros, quelqu'un qui présente des caractéristiques hors-norme (il peut faire liquider quelqu'un, contrôle la politique) mais possède les mèmes problèmes que chaque téléspectateur quand il doit fait face à la dislocation de son couple ou le mal-être d'un de ses enfants. Il est la version sohistiquée de la plus grande réussite de la télé US : le héros next door. Celui que l'on pourrait avoir comme voisin est un enfant de la génération Hill street blues. Le truc, c'est qu'on a l'impression que Mark Green (Urgences) un urgentiste, Charles Ingalls (La petite maison dans la prairie), un fermier ou Thomas Magnum (Magnum, PI ) un gardien de domaine sont d'un banal à faire peur. C'est faux. Tous ces personnages allient - dans une subtilité de réglages qui leur a valu leur reconnaissance internationale. Un aspect «homme de tous les jours» mais à qui il arrive en 200 épisodes ce qu'il n'arriverait pas à des générations de familles de mènagère de moins de 50 ans. Thomas Magnum appartient en plus à une autre famille, celle des héros de guerre. Vétéran du vietnam, il porte du début à la fin de sa série une blessure, quelque chose qui radicalise les enjeux Dans cette famille, on trouve aussi le Major Greg Boyington et sa bande de Têtes brûlées, les héros de MASH ou ceux de l'Enfer du devoir. Autre famille, celle des héros ambigûs. Les chirurgiens de Nip/tuck, le serial-killer (tueur de serial killer) de Dexter, le flic pourri de The Shield. Les héros de ces séries, plus qu'un signe des temps, représentent surtout la volonté de nouvelles chaînes (Showtime, HBO, FX, …) de se singulariser parmi le flot de productions. Les auteurs ont poussé leur créativité . 11 septembre oblige, la télé a également accouché de héros plus inquiets mais qui assure quoiqu'il arrive. Les flics de CSI ou de FBI : Portés disparus sont des héros modernes pour cette raison. Ils savent que le pire est possible. Tout comme les heros de la récente et emblématique Heroes . Personnages banaux au démarrage de la série (comme nous) ils prennent conscience de leur fantastique destin et s'apparentent dès lors, peu à peu, à de véritables super-héros. Comme il y a soixante ans. Superman peut dormir.
Eric Vérat
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