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| Friday Night Lights : meilleure série 2007 |
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La première impression est souvent la bonne. "Friday Night Lights" n'a pas dérogé à la règle. Après un pilote plutôt poignant mais finalement convenu, la série met quelques épisodes pour s'installer sur les rivages d'un genre tombé en désuétude depuis l'explosion des "Lost" et autres "Heroes" - mais aussi de la real TV - je veux parler de la chronique douce amère. Bien filmée (notamment les scènes de foot US ne présentent pas de faiblesses) et remarquablement jouée (éblouissant Kyle Chandler sur les épaules duquel semble vraiment reposer le destin de toute une ville), FNL est surtout d'une justesse rare sur des petits riens qui font les grandes séries. La série est inspirée du roman éponyme de H.G Bissinger, qui aavit d'ailleurs déjà donné naissance à un film, confié au même auteur-réalisateur, Peter Berg. Le bonhomme n'est pas un inconnu. Il avait commis au début des années 2000, « Bellevue » (appelée aussi Wonderland lors de sa diffusion sur Sérieclub), une plongée sincère et touchante dans l'univers d'un hôpital psychiatrique situé en plein coeur de Manhattan. "The Kingdom" blockbusters bodybuildé sorti l'année passée empruntait lui aussi un peu de la sensibilité de ce cinquantenaire avisé. Pas d'attentats dans cette nouvelle série mais la vie, la vraie, celle de l'Amérique profonde où l'on vénère deux choses : Dieu et le Football américain. Peter Berg a mis la barre très haute en terme de réalisation. Une caméra au poing parfois un peu fatiguante mais qu'on oublie très vite devant l'impressionnant sens de description de la vie quotidienne de la société Américaine loin des modes de vie de LA ou New-york. La mise en scène prend son temps et accumule des grandes séquences de quasi-recueillement. Pas de tournage en backlots rien que du décor naturel. Des travellings voitures longs et envoûtants, une bande-son lunaire, des gueules, des scènes de football US filmées avec virtuosité (merci à six caméras) et certainement un peu de passion. Loin de son étiquette de show pour ado, la série de Peter Berg est finalement très humaine. Une chronique rurale et texane, ces endroits du bout du monde d'où des histoires insignifiantes émergent et méritent d'être racontées. La série débute avec la nouvelle saison de football US. Une nouvelle équipe, un titre à défendre, de grandes espérances et un nouveau coach (impeccable Kyle Chandler) qui va apprendre très vite qu'ici un match n'est pas juste une partie de foot de plus : c'est la vie. Le problème de cette équipe est qu'elle est trop bonne. « Avec les joueurs que vous avez et ce qu'en attendent les gens, vous ne pouvez qu'aller vers le bas » analyse un des assistants du jeune coach qui commence peu à peu à comprendre dans quel pétrin il est venu se fourrer. L'épisode égrène les jours de la semaine. Celle qui nous conduira jusqu'au vendredi soir. L'équipe se prépare, prie, se déchire (problèmes de racisme) et la pression monte d'un cran encore. Mais rien n'est fait artificiellement, les turning points s'effacent devant cette peinture si juste de l'Amérique. Et puis vient le dernier quart d'heure. Morceau d'anthologie avec son filmage fatigant et si réaliste d'un match de football US. FNL vous prend alors aux tripes pour ne plus vous lâcher. Sans parler de l'événement final qui compose la fin de ce pilote et qui va peupler de façon si singulière cette première saison où jamais un personnage handicapé n'aura cette densité. On sait alors qu'on n'est pas en face d'une série de teenagers ou même d'un show sportif. On est en face d'un grand moment de fiction. "Friday Night Lights" est bien la meilleure série de 2007.
Eric Vérat |
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